Retour de congé maternité : obligations employeur et conseils pour réintégrer une salariée

Le retour de congé maternité est une étape importante pour une salariée et une entreprise. Pour l’employeur, cela implique de respecter les obligations légales prévues par le Code du travail, notamment celles liées à la reprise du travail après congé maternité, tout en assurant un accompagnement humain pour faciliter une transition sereine. Les avantages d’une bonne gestion de ce retour : fidéliser les talents, renforcer la qualité de vie au travail et préserver le climat social de l’entreprise. 

Alors, quelles sont les obligations des employeurs au retour d’un congé maternité et comment préparer une reprise réussie ? Réponses et conseils pratiques pour DRH et managers.

Le rôle clé du manager dans le retour de congé maternité

Le manager joue un rôle central dans le retour de congé maternité, qui marque une reprise nécessitant de recréer des repères et de maintenir la confiance avec la salariée. Accueillir ce retour dans de bonnes conditions favorise une ambiance respectueuse et renforce la cohésion d’équipe.

L’entreprise doit donc réfléchir à l’accueil des retours de congé maternité ou parental comme à l’intégration d’un nouveau collaborateur, avec un suivi adapté. Ce retour est aussi l’occasion de valoriser les compétences développées pendant le congé maternité, d’aborder les besoins éventuels d’aménagement et d’adapter les objectifs professionnels de la salariée selon ses priorités, dans un cadre sécurisé.

Retour au travail d’une salariée après un congé maternité : ce que dit la loi

À l’issue du congé maternité – conformément aux obligations employeur sur le retour de congé maternité prévues par le Code du travail –, la salariée doit pouvoir retrouver son emploi ou un emploi similaire assorti de la même rémunération ou d’une rémunération équivalente. Cela inclut l’intégration des augmentations générales et individuelles perçues par sa catégorie professionnelle pendant son absence, afin d’éviter tout retard de carrière ou une perte de rémunération injustifiée.

Le Code du travail protège la salariée contre le licenciement pendant les 10 semaines suivant l’expiration du congé maternité, sauf en cas de faute grave ou de motif étranger à la maternité rendant impossible le maintien du contrat de travail.

Ainsi, l’employeur doit organiser :

  • un entretien professionnel au retour de congé maternité pour faire le point sur la reprise et les souhaits de la salariée ;
  • une visite médicale de reprise avec le médecin du travail pour évaluer l’aptitude de la salariée au poste.

En cas de souhait de congé parental d’éducation ou d’aménagement des horaires au retour de congé maternité (retour progressif ou temps partiel), l’employeur doit informer et accompagner la salariée dans le respect des délais légaux.

5 conseils pour bien réintégrer une salariée en retour de congé parental

Le retour de congé parental ou de congé maternité doit être soigneusement préparé pour garantir une reprise sereine, dans le respect des droits de la salariée et des obligations de l’employeur.

1. Préparer le re-onboarding de la salariée

Le retour de congé de maternité doit être envisagé comme un re-onboarding structuré. Les managers et RH doivent :

  • organiser un entretien de retour de congé maternité ou entretien RH pour présenter les actualités de l’équipe et du poste ;
  • expliquer les droits de la salariée et les démarches administratives nécessaires ;
  • vérifier l’impact des augmentations générales ou individuelles perçues pendant l’absence sur la rémunération ;
  • discuter des souhaits d’évolution professionnelle et des éventuels ajustements.

Suivez de près votre salariée dans les premières semaines : cela facilitera la reprise du travail après congé maternité dans de bonnes conditions.

2. Anticiper les demandes de 4/5e

De nombreuses salariées souhaitent un temps partiel après leur congé maternité (souvent sous forme de 4/5e) pour concilier vie professionnelle et familiale. L’employeur doit donc :

  • les informer sur les modalités légales et les impacts sur le temps de travail et la rémunération ;
  • anticiper l’organisation de l’équipe pour gérer ces demandes ;
  • proposer des alternatives, comme un retour progressif ou un aménagement des horaires au retour de congé maternité, si cela est possible.

3. Sensibiliser aux risques psycho-sociaux

La période de reprise du travail après congé maternité peut être sensible pour la salariée. Le manager doit :

  • être attentif aux signes de fatigue ou de stress ;
  • créer un climat de confiance et maintenir un dialogue ouvert ;
  • s’appuyer sur le médecin du travail ou les référents QVT pour accompagner la salariée.

Cette vigilance contribue à prévenir le burn-out parental et à protéger la santé mentale des salariées.

4. Faciliter l’allaitement

Le Code du travail permet à la salariée d’allaiter à son retour au travail après congé maternité, avec une réduction d’une heure par jour de son temps de travail. L’employeur peut :

  • prévoir un local adapté à l’allaitement ;
  • aménager les horaires en concertation avec la salariée.

Ces mesures participent au respect des droits de la salariée et facilitent une reprise en toute sérénité.

5. Accompagner les salariés-parents dans la garde de leur enfant

Trouver un mode de garde peut être un enjeu important au retour de congé maternité. L’employeur peut :

  • informer sur les droits liés au congé parental d’éducation ;
  • proposer des places en crèche inter-entreprises ;
  • mettre en relation les parents avec des partenaires de garde.

Ces actions renforcent la qualité de vie au travail et permettent aux salariées de reprendre leur poste sereinement.

Après le congé maternité : vos questions fréquentes

Oui, l’employeur doit organiser un entretien professionnel au retour de congé maternité et une visite médicale de reprise avec le médecin du travail. Ces obligations légales permettent de vérifier l’aptitude de la salariée à reprendre son poste, d’anticiper d’éventuels aménagements et de faciliter la reprise du travail après le congé maternité dans le respect des obligations de l’employeur.

La salariée doit bénéficier des augmentations générales et individuelles perçues pendant son absence par les salariés de sa catégorie. Cela garantit une rémunération équivalente et évite tout retard de carrière ou perte de salaire au retour de congé maternité, conformément au Code du travail.

Le temps partiel après un congé maternité est un droit sous conditions. L’employeur peut le refuser uniquement pour des motifs légitimes liés à l’organisation de l’entreprise, qu’il doit expliquer par écrit. Il est toutefois essentiel d’étudier toute demande d’aménagement des horaires au retour de congé maternité de manière attentive et dans le respect des délais légaux.