Congé paternité : le guide complet pour les papas salariés
Droit incontournable pour les pères, le congé paternité a beaucoup évolué ces dernières années. En 2021, sa durée a été allongée et ses modalités précisées pour mieux accompagner les jeunes papas. Aujourd’hui, il reste un levier important de qualité de vie au travail (QVT), mais aussi un défi pour les employeurs en matière de gestion RH. Conditions d’accès, durée, démarches, indemnités, obligations de l’employeur ou encore retour au travail, découvrez notre guide complet sur le congé paternité.
Le congé paternité : conditions, durée et démarches
Les bénéficies du congé paternité
Le congé paternité concerne bien plus que le père de l’enfant. Peuvent en bénéficier :
- le conjoint de la mère ;
- le concubin vivant avec la mère ;
- son partenaire de PACS.
Côté emploi, aucune condition d’ancienneté n’est exigée : tout salarié peut en bénéficier, quel que soit son contrat (CDI, CDD, temps plein ou partiel). Néanmoins, pour l’obtenir, il faut transmettre des pièces justificatives :
- une copie du livret de famille mis à jour ;
- l’acte de naissance de l’enfant ;
- une attestation sur l’honneur du lien avec la mère de l’enfant (parfois) ;
- un certificat de vie commune pour prouver le lien avec la mère de l’enfant (rare, mais possible notamment pour les concubins).
Ces documents sont ensuite utilisés dans les démarches auprès de la Sécurité sociale et de l’entreprise.
Congé paternité : durée et période
Depuis juillet 2021, la durée du congé paternité est fixée à :
- 25 jours calendaires pour une naissance simple ;
- 32 jours calendaires en cas de naissances multiples (jumeaux, triplés…).
Ce congé se décompose en deux périodes :
- une période obligatoire de 7 jours, immédiatement après le congé de naissance (3 jours accordés par l’employeur).
- une seconde période facultative de 18 ou 25 jours, pouvant être prise en continu ou en deux fois.
La première période de congé paternité et d’accueil de l’enfant inclut les 3 jours de congé de naissance, suivie d’une période de 21 jours calendaires minimum, qui peut être fractionnée sous certaines conditions. Notez bien que le congé paternité doit obligatoirement être pris dans les 6 mois suivant la naissance de l’enfant.
La demande du congé paternité
Pour bénéficier du congé, le salarié doit respecter un délai de prévenance d’un mois. Il doit prévenir son employeur par écrit (courrier ou e-mail), en précisant les dates de début et de fin du congé, et en joignant les pièces justificatives (acte de naissance, livret de famille, etc.).
L’entreprise ne peut pas refuser la demande si les conditions légales sont remplies. Une bonne communication avec le service RH permet d’anticiper l’organisation interne et de rassurer le salarié.
Droits et indemnisation du salarié pendant le congé paternité
Si ce temps d’absence vise à soutenir la famille dans les premiers mois suivant la naissance, il s’accompagne aussi de règles précises concernant les indemnités journalières, le maintien du salaire et la protection du salarié.
Quelles sont les indemnités versées ?
Pendant le congé paternité, le contrat de travail est suspendu, mais le salarié perçoit des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Le calcul est basé sur le salaire brut des 3 mois précédents (ou 12 mois pour les saisonniers).
Le plafond des indemnités journalières est fixé à 95,22 € brut par jour (correspondant au plafond de la Sécurité sociale). Pour en bénéficier, le salarié doit avoir travaillé 150 heures au cours des 3 derniers mois ou avoir cotisé sur un salaire d’au moins 1015 fois le SMIC horaire.
Ces indemnités permettent de compenser la perte de revenu et de sécuriser la situation financière des familles dans les mois suivant la naissance.
Le maintien de salaire est-il possible ?
Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient le maintien intégral du salaire pendant le congé paternité. Dans ce cas, l’employeur perçoit les indemnités de la Sécurité sociale (via la subrogation) et complète si besoin pour atteindre le salaire habituel du salarié.
À noter : les travailleurs indépendants peuvent aussi bénéficier d’indemnités journalières spécifiques, versées par leur caisse d’assurance maladie.
Quelles protections pour le salarié en congé ?
Le salarié en congé paternité bénéficie de plusieurs protections légales :
- la suspension du contrat de travail : aucune obligation de travailler ni de rester joignable.
- l’interdiction de licenciement : sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la paternité.
- la réintégration garantie : à l’issue du congé, le salarié doit retrouver son emploi ou un poste équivalent, avec une rémunération identique.
Congé paternité en entreprise : obligations et enjeux RH
Si le congé paternité apporte des garanties précieuses au salarié, il soulève aussi de nombreux enjeux pour l’employeur et le service RH.
Que doit faire l’employeur ?
- Accepter le congé si le salarié respecte les conditions légales.
- Fournir une attestation de salaire à la Sécurité sociale pour déclencher les indemnités.
- Garantir le retour du salarié dans des conditions équivalentes.
Quels impacts pour l’organisation ?
Pour les entreprises, un congé paternité implique l’anticipation des absences. Cela suppose :
- d’organiser les plannings pour assurer la continuité de service ;
- de redistribuer temporairement certaines missions ;
- de maintenir un dialogue clair avec le salarié pour planifier son départ et son retour.
Une communication proactive permet de limiter les perturbations et de renforcer la confiance avec le collaborateur.
Pourquoi valoriser le congé paternité ?
Au-delà d’une obligation légale, le congé paternité peut devenir un levier RH stratégique :
- outil de qualité de vie au travail (QVT) et de fidélisation ;
- contribution à l’égalité professionnelle hommes-femmes ;
- valorisation de l’image employeur comme entreprise engagée ;
- soutien à une parentalité responsable et à l’équilibre vie pro/perso.
Places en crèche : un complément stratégique au congé paternité
Au retour au travail, le mode d’accueil de l’enfant pose question. Disponibilité, proximité, horaires, pédagogie… Trouver une crèche adaptée est souvent un casse-tête pour les parents. Les entreprises peuvent agir en réservant des places en crèche pour leurs salariés.
Quels bénéfices pour les salariés parents ?
Proposer une solution de garde fiable dès la fin du congé permet aux salariés parents d’éviter de prolonger leur absence ou de recourir à un congé parental. Grâce au barème de la CAF, ce mode de garde reste accessible, avec une tarification adaptée aux revenus.
Pourquoi les entreprises y gagnent ?
Pour les entreprises, le bénéfice est tout aussi clair : une attractivité RH renforcée qui facilite le recrutement et la fidélisation, des collaborateurs plus engagés et motivés, un turnover réduit, ainsi que des avantages fiscaux (crédit d’impôt famille et déductions comptables).
Quels types de crèches pour les entreprises ?
Les entreprises peuvent opter pour :
- une crèche d’entreprise, réservée aux enfants des salariés ;
- une crèche inter-entreprises, où plusieurs sociétés réservent des berceaux – un modèle flexible et moins risqué qui mutualise les coûts et simplifie la gestion.
Des prestataires spécialisés comme Choisir Ma Crèche accompagnent aussi les entreprises dans la mise en place de ces solutions, de la réservation des places à la gestion administrative.
Le congé paternité est une avancée sociale, mais il ne suffit pas toujours à soutenir les jeunes parents. Offrir des places en crèche devient alors une solution stratégique, alliant bien-être, égalité professionnelle et performance RH. Avec un partenaire comme Choisir Ma Crèche, les entreprises transforment cette contrainte en levier d’attractivité et de fidélisation.
